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Interview Series: Sudan – Part 4: Jacky Mamou (Collectif Urgence Darfour)


MagkaSama Team - September 26, 2018
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The MagkaSama Project Interview Series: Sudan is an ongoing collection of interviews with experts, organizations and journalists. Our first interview featured independent researcher specialized in Sudan, South Sudan and Chad Jerome Tubiana. You can read his interview (in French) on this page. Last week we published the interview with Radio Dabanga, the independent radio station is reaching over 2 000 000 listeners a day in Darfur and Sudan. They gave powerful answers and a great insight on their hard work, read their full interview here. The third interview was with Esther Sprague, founder of Sudan Unlimited, about Sudanese (and South Sudanese) living in the United States. Read her answers on this page.

This time we turn to France with Jacky Mamou, President of Collectif Urgence Darfour.

Après la première partie avec l’interview en français de Jérôme Tubiana, journaliste, chercheur et spécialiste de la Corne de l’Afrique et du Sahel à lire sur cette page, dans la seconde partie nous avons tenu à poser nos questions à Radio Dabanga, la seule radio indépendante à émettre au Soudan. Leurs réponses nous ont apporté un éclairage précieux sur leur fonctionnement et ce qu’il se passe au Soudan, vous pouvez retrouver cette interview ici. Pour la 3ème partie, nous sommes allé outre-Atlantique avec Esther Sprague, fondatrice de l’association Sudan Unlimited qui vient en aide à la diaspora Soudanaise et Sud-soudanaise aux Etats-Unis, elle a répondu à nos questions sur cette page.

Cette fois c’est à la France que nous nous intéressons puisque nous avons posé nos questions à Jacky Mamou, président du Collectif Urgence Darfour que vous connaissez bien si vous suivez nos actions et si vous nous lisez régulièrement.

Interview Series: Sudan – Part 4: Interview with Jacky Mamou (Collectif Urgence Darfour)

MagkaSamaBonjour Jacky Mamou, pouvez-vous vous présenter à ceux qui nous lisent, en indiquant votre parcours et vos activités actuelles ?

Jacky Mamou: Je suis médecin, spécialisé en pédiatrie, que j’exerce toujours et en santé publique. J’ai été très impliqué dans l’action humanitaire avec Médecins du monde, ONG que j’ai présidée. Puis j’ai été co-rédacteur en chef de la revue Humanitaire. Enfin j’ai participé à la création du Collectif Urgence Darfour, une coalition d’associations et d’individus qui œuvrent en faveur des populations du Darfour et plus généralement du Soudan.

En 2003 s’est produit au Darfour, une région située à l’ouest du Soudan, le premier génocide du 21ème siècle qui a fait environ 300 000 morts et 2,7 millions de déplacés dont 230 000 réfugiés au Tchad. Très peu d’informations circulaient à l’époque et ce n’est qu’en 2004 que les Etats-Unis évoquent pour la première fois le terme de génocide. Il faudra ensuite attendre 2010 pour que la Cour pénale internationale ajoute la qualification de génocide au premier mandat émis à l’encontre du Président soudanais, Omar al-Bashir.

Pouvez-vous tout d’abord nous présenter cette région du Darfour qui avait déjà connu deux conflits, et pourquoi le troisième a abouti à un génocide ?

Le Darfour est une région située à l’ouest du Soudan, grande comme la France, d’environ 7 millions d’habitants. A l’image du Soudan, cette province a une composition multi-ethnique, les “Noirs africains”, principalement Fours, mais aussi Zaghawas, Massalits et bien d’autres sont majoritaires par rapport aux tribus d’Arabes. Les premiers sont plutôt des cultivateurs et les autres des éleveurs nomades. Même si cette présentation est schématique, elle reflète une réalité. Dans les conflits de basse intensité qui ont précédé le soulèvement de 2003, la question de l’accès à la terre a joué un rôle important. Cela s’explique par les phénomènes de poussée démographique de la population et des cheptels, des phénomènes de sécheresse sévère, des conflits traditionnels entre éleveurs et paysans. L’absence criante de développement du Darfour par rapport au boom économique de la Vallée du Nil qui accapare la rente pétrolière, a été ressentie comme une injustice par les élites locales. De même que loin d’apaiser les tensions, le régime de Khartoum s’est rangé systématiquement du côté des Arabes. Rappelons que le Darfour a été un sultanat indépendant jusqu’au début du XXème siècle. L’islam qui y est pratiqué est plutôt inspiré de soufisme et mêlé à des croyances locales.

Le soulèvement de 2003 est d’une autre nature, il unifie dans sa composition des jeunes de toutes les tribus africaines et porte une revendication de nature politique en demandant un partage économique et politique plus juste. Cela dans un contexte où l’autonomie des Sudistes est d’actualité et qu’à l’Est du pays l’agitation chez les Béjas continue. La menace d’un éclatement épouvante la mouvance militaro-islamiste, proche des Frères Musulmans, qui avait pris le pouvoir lors du putsch de 1989. La stupéfaction est d’autant plus grande que ces nouveaux opposants darfouris ont de nombreux frères dans l’armée soudanaise et que ces populations, considérées comme arriérées dans un pays qui a longtemps été (et le reste encore) une terre d’esclavage pour les Noirs, ne peuvent pas ainsi contester la suprématie de Khartoum.

Dès lors, il s’agit pour Omar el Bechir et ses lieutenants de donner une terrible leçon à ces Noirs impudents. D’autant que le vieux projet d’islamiser et d’arabiser définitivement le Soudan trouve là une occasion concrète de se réaliser. Ce sera la guerre contre les civils, qui conduira à la qualification de génocide par la Cour Pénale Internationale (CPI) quelques années plus tard.

Cette année marque le 15ème anniversaire du génocide au Darfour, pourtant rien ne semble avoir changé. Après d’importantes campagnes médiatiques (comme celle de George Clooney), d’information et de mobilisation notamment aux Etats-Unis et dans une moindre mesure en France, force est de constater que l’attention de la communauté internationale et du grand public est retombée. Al-Bashir continue ses exactions et à opprimer le peuple soudanais. Il est sous le coup de deux mandats d’arrêts internationaux pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et pour génocide mais n’a toujours pas été arrêté. Il était même en Russie lors de la Coupe du monde 2018...

Comment expliquez-vous ce désintérêt et surtout cette impunité ? Quel est le sentiment général au sein de votre collectif ?

Le Darfour n’est plus au centre de l’actualité depuis longtemps. D’abord parce que la guerre a baissé d’intensité et si les exactions contre les populations continuent, elles sont moins nombreuses et moins massives. Ensuite de nouveaux conflits très meurtriers ont surgi ailleurs : Irak, Afghanistan, plus près de nous Syrie ou Yémen. Et la communauté internationale a considéré avoir fait “le job” en confiant le cas du Darfour à la CPI, en appuyant l’action humanitaire et en envoyant la force militaire ONU-Union Africaine. C’est une stratégie de “containment” qui a empêché de nouveaux massacres de masse mais n’a pas réglé le problème politique ni donné réparation et justice aux victimes.

De plus la CPI est critiquée par le club des dictateurs de tous les continents et maintenant par l’administration américaine ! Dans ces conditions, Omar el Béchir a encore un bon répit devant lui… Sauf surprise et querelle interne pour le pouvoir entre génocidaires à Khartoum.

En décembre 2016, nous avons eu le plaisir de vous compter parmi les invités de notre panel d’experts lors de la projection du film de Kenneth A. Carlson ‘The Heart of Nuba’ que nous avons organisée à Paris lors d’une soirée spéciale consacrée au Soudan. Le documentaire présente le difficile travail du Docteur Tom Catena dans les Monts Nouba, au Kordofan du Sud dans le sud du Soudan. Les populations et l’hôpital Mother of Mercy sont régulièrement bombardés par l’armée soudanaise, et cela fait plusieurs décennies que la guerre fait rage dans la région.

En tant que médecin vous vous êtes rendu fin 2014 dans cet hôpital, pouvez-vous nous parler de cette expérience sur place et de ce que vous y avez vu ?

Une équipe médico-chirurgicale du Collectif Urgence Darfour a remplacé le Dr Catena pendant un mois à l’hôpital Mother of Mercy dans les monts Nouba, une structure de soins pour un bassin de population de 1 million de personnes, avec 200 lits d’hospitalisation. Parmi la pathologie habituelle qu’on rencontre dans les régions déshéritées d’Afrique (paludisme, diarrhées, infections respiratoires…), j’insisterai sur la rougeole, maladie redoutable sur des enfants dénutris. Une hécatombe : en quelques jours, plusieurs dizaines d’enfants avaient succombé sous l’immense tente « des rougeoleux » qui les abritait, ce qui impliquait immensément plus de décès dans les villages éloignés de la structure de soins. La rage s’empare de vous quand on sait que la vaccination permettrait d’épargner ces enfants. Khartoum a exigé de contrôler la réception des vaccins de l’UNICEF pour que les rebelles des monts Nouba ne les reçoivent pas directement. L’UNICEF a cédé… J’ai écrit au Directeur général de l’UNICEF pour lui demander de faire preuve d’inventivité pour sauver les enfants.

Et puis il y a les bombardements qui ciblent les villages avec les morts et les blessés. Notre équipe chirurgicale a été débordée une nuit de bombardements par l’arrivée simultanée d’une vingtaine de blessés graves… Et puis il y a les tentes des lépreux, l’appareillage des amputés…Cet hôpital organisé par le Dr Catena est de ces œuvres de dévouement qui réconcilie avec l’humanité.

Nous parlions de désintérêt voire même d’indifférence pour ce qu’il se passe au Soudan. En Septembre 2016, Amnesty International a publié un rapport faisant état de l’utilisation par le Président soudanais d’armes chimiques au Darfour. L’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) avait lancé une enquête et le Quai d’Orsay avait alors déclaré concernant le rapport d’Amnesty International : ‘Ce rapport porte des accusations très graves que nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer à ce stade.’

Deux ans plus tard, où en sommes-nous de l’enquête de l’OIAC et des sanctions prises à l’encontre d’Omar al-Bashir ?

Au point mort. Nous avions eu une audience à l’Élysée pour traiter ce sujet. Avec des promesses d’investigation interne et de vigilance. Il n’y a pas eu commission d’enquête ni donc de sanctions. Mais il n’y a pas eu à ma connaissance de nouvelle utilisation de ces armes chimiques. Stratégie de containment…

Face à l’impunité dont semble bénéficier al-Bashir, plusieurs explications : les Etats-Unis travaillent avec le Soudan en termes de lutte anti-terroriste, et de son côté l’Europe collabore avec les autorités soudanaises et finance même le pays afin de réguler le flux migratoire. Une situation qui peut choquer et qui va même jusqu’à laisser les services soudanais se rendre librement dans les centres de rétention Européens afin d’en extraire les opposants demandeurs d’asile, comme cela a été révélé par Le Monde en octobre 2017. Des cas de tortures ont été rapportés.

Que signifie à vos yeux cette ‘collaboration’ (dans son sens historique le plus sombre) avec un régime génocidaire ?

La coordination ou la coopération avec les Services soudanais est un scandale absolu. Il y a des cas d’expulsion de France de Soudanais. Mais leur nombre est réduit et concernent des personnes qui ne veulent pas demander l’asile et désirent gagner la Grande Bretagne. Beaucoup de Soudanais ont eu l’asile en France, principalement des Darfouris. La question de l’arrivée de migrants est devenue une question politiquement très sensible liée à un chômage important et à l’affaiblissement de l’Etat providence, aux difficultés d’intégration qui ont fait parlé de territoires perdus de la République, mais aussi aux attentats islamistes. Dès lors l’entrée et le séjour sur le territoire des migrants est plus sélectif et il y a parfois des dérapages de l’appareil policier. Maintenant la police française n’est pas la Gestapo et nous vivons en France dans un Etat de droit. Il y a un presse libre, dont de larges secteurs est en empathie avec les migrants, il y a des associations qui agissent en leur défense.

D’autre part il y a une absurdité totale de la politique européenne vis à vis du Soudan. Elle finance de manière bilatérale ou multilatérale les forces de répression d’un régime génocidaire, pour soi-disant garder les frontières et lutter contre le trafic d’êtres humains. 70% du budget soudanais est consacré à l’armée et aux forces de sécurité, alors que la part réservée à l’éducation ou à la santé baisse et que les subventions aux produits alimentaires de base s’amoindrissent.

En fait, plus il y a de répression, plus les jeunes ont envie de s’enfuir et vont gonfler les effectifs de ceux qui font la route périlleuse de la Libye vers la Méditerranée. Évidemment toutes ces subventions importantes seraient plus utiles à créer des entreprises, former les jeunes générations aux nouvelles technologies, moderniser l’agriculture. Mais comment faire avec un régime prédateur ?

Nous l’évoquions précédemment, la population soudanaise, du Darfour au Kordofan du Sud, subit une forte répression de la part du régime (restrictions des libertés, violences, bombardements…) et connaît une situation économique extrêmement difficile. En mai 2018, le cas de Noura Hussein, jeune soudanaise de 19 ans mariée de force, victime de violence conjugale  et condamnée à mort pour avoir tué son mari alors qu’il essayait de la violer, a fait le tour du monde. La mobilisation a été forte et payante puisque sa peine a finalement été commuée en une peine de 5 ans d’emprisonnement et une amende de 16 000 euros.

Pouvez-vous nous parler de Noura et de cette importante mobilisation dont elle a bénéficié ?

Le cas de Noura est bien illustratif de la volonté des Islamistes au pouvoir à Khartoum d’opprimer les femmes. Elle a subi un mariage forcé alors qu’elle était encore mineure. Elle a subi des violences familiales inouïes. Et alors qu’elle était en légitime défense, elle est livrée à la police par sa famille, puis condamnée à mort. Le sort des femmes au Soudan n’est vraiment pas enviable, elles peuvent être fouettées en public pour avoir porté un pantalon…Rappelons l’histoire de Meriem, condamnée à mort pour apostasie et qui a accouché les chaînes aux pieds en prison.

La mobilisation internationale en faveur de Noura a été forte et a pesé sur les autorités soudanaises pour transformer la peine de mort à 5 ans de prison. Des secteurs notamment de la jeunesse soudanaise et des organisations de femmes se sont mobilisés pour défendre Noura. Cependant il y a eu aussi une gêne chez certains opposants, car ils sont encore sensibles aux questions tribales et claniques, celles-là même qui empêchent de fédérer un front uni contre la dictature militaro-islamiste. Nous avions pensé que la présence de nombreux Soudanais en exil dans une Europe libérale et laïque allait faciliter des progrès en ce domaine. Mais les pesanteurs des traditions ont la vie dure. Sans parler des préjugés envers les femmes. Or pour lutter contre les Islamistes, les femmes doivent être pleinement partie prenante.

Concernant les conditions de vie difficile des Soudanais qui poussent beaucoup d’entre eux à fuir leur pays : en 2017, l’OCDE indiquait que le nombre de demandeurs d’asile en provenance du Soudan était pratiquement identique à celui des demandeurs venant de Syrie. De quoi interpeller sur ce qu’il se passe réellement au Soudan… Mais avant d’arriver en Europe, ces migrants connaissent un voyage chaotique, fait de violences, de tortures et même d’esclavage. Vous avez d’ailleurs organisé en janvier 2018 une soirée sur le thème ‘Combattre l’esclavage en Libye et dans le monde’.

Quels ont été les moments forts de cette soirée et le message que vous souhaitiez faire passer ?

La mise en esclavage de migrants en Libye a été révélée au grand public par le reportage de CNN, mais c’était une situation connue depuis longtemps. Les traitements inhumains ou dégradants étaient présents déjà du temps “si regretté” de Kadhafi, comme l’a rappelé fort à propos David Gakunzi. Le chaos qui a suivi la chute du dictateur a mené à des luttes de pouvoir dans un pays où tribus et régions ont toujours joué un rôle essentiel. La prédation des richesses pétrolières et la main-mise sur les trafics sont alors devenues une quête essentielle, en bonne place y figure l’emploi d’esclaves capturés parmi les migrants africains.
J’avais interpellé publiquement dès le début de la “révolution libyenne” les dirigeants du Conseil National de Transition sur le sort des Africains et les exactions qu’ils subissaient. Ils ont répondu la main sur le cœur qu’il s’agissait de faits isolés et que le CNT allait y remédier. C’était en 2011…Le racisme de certains libyens a fait le terreau de l’industrie de l’esclavage.

Depuis, l’exploitation des migrants se fait par la mise en esclavage mais aussi par l’organisation de routes de l’exil et les transports maritimes sur des rafiots dangereux. La stabilisation de la Libye est un élément essentiel pour éliminer l’esclavage. Pierre Henry a rappelé que tout appui européen à un pays tiers, implique que celui-ci respecte les droits fondamentaux des personnes. La dissuasion de prendre tant de risques pour émigrer est évidemment lié à l’absence de projets d’avenir pour la jeunesse. Des initiatives de partenariat économique de grande ampleur doivent être mises en place rapidement, c’est ce qu’a souligné récemment dans son discours-testament le président de la Commission Européenne. Que ne l’a t’il pas mis en œuvre avant ! D’autre part, la coopération et la solidarité européenne ont été défaillantes, nous en payons aujourd’hui les conséquences avec des pays comme l’Italie.

Dans les mini-films que nous avions réalisé pour cette soirée, il était chaque fois décrit par les rescapés que des hommes en uniforme de l’armée soudanaise ou de milices libyennes étaient aux deux bouts de la chaîne de ce crime contre l’humanité. L’autre élément marquant était le niveau d’organisation impressionnant des trafiquants qui faisait qu’un migrant devait contacter des proches et que la rançon exigée pouvait être payée dans n’importe quel lieu au Soudan, mais aussi dans tout autre pays de la région. Didier Clergeot, responsable d’Interpol, a déclaré dans la presse que “le risque de tomber aux mains des trafiquants est aussi élevé au Soudan qu’en Libye… Le danger est présent à chaque étape de la migration”. Selon le Global slavey index, 465 000 personnes sont victimes d’esclavage moderne au Soudan, ce pays se classant parmi les pires du monde.

Un responsable du gouvernement soudanais, Ismail Omar Tairab, membre du Comité national soudanais de lutte contre la traite des êtres humains, a accusé l’Union européenne (UE) de chercher à transformer le Soudan en « grande prison pour migrants ». Mais le pire est que dans une interview, il reconnait la faiblesse de la performance de son comité depuis sa création, il y a deux ans, dans le domaine de la traite des personnes au Soudan, faute de budget alloué par le gouvernement. Le comité n’a toujours pas de bureau et de siège, ainsi que des membres engagés, dont certains ignorent la signification de la traite des personnes elle-même. Le comité a été créé en vertu des dispositions de la loi anti-traite des êtres humains de 2014 sous prétexte de développer des stratégies de lutte contre la traite. La traite des êtres humains a atteint des niveaux sans précédent au Soudan depuis 2010, plaçant le Soudan parmi les premiers pays du monde avec un trafic actif et un manque de réponse du gouvernement à ce nouveau phénomène, selon un rapport publié en 2015 par le Département d’Etat américain.

Nous avons pour habitude de conclure nos interviews en laissant la parole à la personne à qui nous posons les questions. Libre à vous d’évoquer en quelques lignes un sujet particulier, des récents événements ou une situation qui a retenu votre attention que vous souhaitez faire partager à nos lecteurs.

On ne le dit pas assez mais la clique militaro-islamiste qui écrase le Soudan tend à répandre la terreur dans toute la région. Le soutien de Khartoum aux islamistes de la SELEKA en Centrafrique, aux milices islamistes en Libye, aux Chebabs somaliens… L’Université internationale d’Afrique (UIA) a vocation à former des cadres islamistes. Beaucoup des groupes militants islamistes voire djihadistes en sont issus. C’est de ces gens-là que les Occidentaux attendent une coopération contre le terrorisme !
 
La lutte pour le pouvoir au sein de l’appareil d’État soudanais peut s’exacerber et entrainer des fractures. Mais l’opposition au régime de Khartoum continue à agir en ordre dispersé, se perdant en querelles et rivalités. Je le regrette. Faute d’un front uni doté d’un programme minimum plausible et d’une définition des moyens pour y parvenir, le pouvoir risque encore d’être confisqué longtemps par des ennemis des libertés et de la démocratie.

 

Vous pouvez suivre l’actualité du Collectif Urgence Darfour sur leur site web, sur Twitter @UrgenceDarfour et via leur page Facebook.



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